De chair et de pierre

Essai de mythologie kanak (Maré, îles Loyauté)

9782735108787 CHPIE

Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2000.
Ouvrage épuisé, dédicacé par l’auteur, couverture légèrement tachée, intérieur impeccable.

Sur l'île de Maré, les Kanak parlent une seule et même langue, le pene Nengone. C'est dans cette langue que les narrateurs content les mythes, ces « dires de roche » qui sont comme des pierres jetées sur le sol. C'est le cadastre mythique que l'ethnologue nous révèle ici par l'analyse d'une centaine de mythes et de variantes, tous clairement résumés, recueillis par lui-même, au cours de trois années de terrain, ou empruntés à des spécialistes de la région. Tous les mythes parlent de l'alliance, laquelle s'inscrit et est inscrite dans le sol, impliquant ainsi la production agricole comme objet concret et rhétorique de...

Plus de détails

Hors stock

Prix :

2 900 XPF TTC

Produit(s) en rupture de stock. Le panier sera transformé en devis.

Frais de port

Détail produit

SupportLivre ancien
AuteurCharles Illouz
ÉditeurFMSH
GenreSociologie, anthropologie
Date2000
Tagsculture kanak, nengone, statut de pierres, oralité, Calédonie
FormatFormat 15 x 23 cm, broché, 190 pages
EAN 139782735108787

En savoir plus

Quel entendement du monde et de la société se fait jour dans ces rumeurs publiques ou privées que nous appelons « mythes » et auxquelles les Kanak de Maré accordent le statut de pierres ? Cet essai donne à entendre les récits des gens de cette île pour tenter de goûter avec eux, en dévoilant les potentialités poétiques de leur langue, le tour, le style et la teneur de l’argument. On ne peut manquer, en effet, d’admirer le jeu formel des combinaisons lexicales qui structurent la fiction en différents niveaux de discours, ou de s’étonner encore des inventions anagrammatiques. Point de ruse rhétorique chez le « diseur de pierres » - qu’une anthropologie fonctionnaliste prétend roué et arc-bouté dans une quête incessante d’avantages politiques -, point de ruse sinon celle qui provisionne l’auditoire en volupté narrative.

La langue rythme alors l’exposé critique des affaires humaines auxquelles sont appliquées les propriétés logiques des classifications animales et végétales. Dans les termes du bestiaire insulaire ou de la botanique indigène, se déploie une spéculation rigoureuse sur les règles et l’histoire des échanges matrimoniaux, sur les contradictions inhérentes à leur renouvellement. Les repreneurs de mythes, personnages de haut statut social instruits des conflits dont l’histoire est cousue, prétendent ainsi raison garder ; ils reconsidèrent à l’aune littérale de la règle les relations problématiques qui marquèrent l’histoire de leur groupe.